Comment parler des choses sérieuses avec un enfant?
N:
Citation de: Alexandra's le 10 Janvier 2009 à 19:31:28
Personne sur le fofo n'as rencontré ce genre de questions , d'angoisses avec son enfant face à ce sujet... personne pour me faire part de son expérience ???
Dommage car j'aimerais vraiment échanger...je me sens bien seule :-\ ce sujet fait -il si peur ??? ???
J'ai ouvert un fil à ce sujet dans les clubs (Club de ceux qui ont perdu un papa ou une maman)en page 2. Ce n'est pas un sujet facile et c'est loin d'être celui qui est le plus abordé mais je crois qu'il est très important. De la façon dont nous présentons la chose à nos enfants dépend surement la façon dont ils l'aborderons plus tard. Certain de tes propos m'ont fait réagir Alexandra parce que j'avais l'impréssion de me lire. Aujourd'hui je me suis expliqué certaines choses à cause de ce que j'ai vécu. J'avais une grande angoisse de la mort, je redoutais pas dessus tout le décés de mon pére, mon double, mon confident, l'homme que j'aimais le plus au monde. Je m'étais dit que ça n'arriverait pas maintenant parce qu'il était jeune mais quand ça viendrait ça serait la fin du monde pour moi... Et c'est arrivé, trop tôt, trop vite, trop prés de moi... Mais la terre ne s'est pas arrété de tourner, j'ai survécu et la peur que j'avais n'a rien empéché. Aujourd'hui je me débat encore avec mon deuil et mes enfants me posent beaucoup de questions... On parle de travail de deuil et ce n'est pas un vain mot, pour eux aussi c'est un travail et nous avons une responsabilité en tant que parents.
laulesar:
Citation de: N maman de Rudy, Adèle et Rachel le 12 Janvier 2009 à 16:43:47
Ce n'est pas un sujet facile et c'est loin d'être celui qui est le plus abordé mais je crois qu'il est très important. De la façon dont nous présentons la chose à nos enfants dépend surement la façon dont ils l'aborderons plus tard.
Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu viens d'écrire, et c'est bien pourquoi que je prends "le taureau par les cornes" car si je ne règle par mes angoisses maintenant ma fille risque d'évoluer malgré moi avec...
laulesar:
Je viens de relire le fil dont tu fais mention N... et effectivement certains de tes propos ont également fait écho chez moi....
et comme tu le dis si bien ce sujet est difficile a abordé pour nombre d'entre nous, mais pour le bien être de mes enfants, je ne veux absolument pas qu'il soit tabou, car les nons dits sont selon moi néfastes et j'en suis bien la preuve vivante avec toutes mes angoisses.
J'ai été effrayé, totalement déstabilisé quand ma fille a réagi la semaine passée... et me voilà sur une nouvelle route, je travaille sur moi même pour que ma fille, mes filles soient plus armées que moi (bon même si je sais pertinemment que cela n'évitera pas certaines inquiétudes).
Mon mari me soutient (même s'il a du mal à comprendre comment je fonctionne car lui vit ce rapport à la mort de manière bien différente) mais il ne peut être la personne auprès de qui je dois déposer tout çà, il faut que je préserve mon couple de mes angoisses également car quand je suis envahie par toutes ses pensées je ne suis guère disponible et je ressasse.
N:
Nous sommes à peu prés du même age donc nos parents sont à peu prés de la même génération. Je me souviens très bien de la façon dont ça se passait lorsque j'étais enfant, mes parents me tenaient "éloignés" de la mort. Ils pensaient que ce n'était pas des préoccupations que nous devions avoir de par notre statut d'enfants. J'ai eut le sentiment d'être maintenue dans l'ignorance, cet état de fait était un grand mystère et je me demandais bien ce qu'il y avait de si terrible que nous ne devions pas savoir. Je pense que mes angoisses viennent en grande partie du fait que, pour moi, la mort était une inconnue, un gouffre terrible duquel on ne remonte pas. Je m'étais fait une image térrifiante parce que j'ignorais ce que c'était. J'ai vu mon grand pére mort, malgré l'interdiction absolue de nos parents, avec mon frére, nous nous sommes faufilé dans la chambre. J'avais quatre ans et je me souviens trés bien des mots de mon frére, ils resonnent encore à mes oreilles et le ton qu'il avait employé m'avait paru bizare à l'époque. Il était triste parce qu'il était trés proche de mon grand pére. Plus de trente ans aprés, je me rend compte que le fait d'ignorer son état a fait que je n'ai jamais eut de sentiments pour cet homme, je l'ai à peine connu et personne n'avait jugé util de me dire qu'il était malade... Pendant toute mon enfance, j'ai cotoyé la mort avec une grande indifférence, indifférence qui est devenue angoisse lorsque j'ai grandi parce que je ne savais pas comment me situer par rapport à ça et que j'avais peur que mon comportement ne soit pas adapté à la situation.
laulesar:
Me revoilà revenue de mon rdv psy... cela a remué bcp de choses chez moi et qui vont bien au delà...(liées à ma personnalité) de la peur de mourir et d'être malade, je n'ai pu me retenir de craquer :'( et là je suis lessivée, vidée, j'y retourne dans 15 jours, en sortant du rdv je n'ai pu retenir à nouveau mes larmes contenues depuis une semaine.
N, effectivement il y a de grandes similitudes dans nos parcours...ta dernière phrase m'interpelle encore plus car c'est tout à fait ce qui s'est produit durant ma propre enfance.
Pour ce qui est de Laurie, cela fait 2 jours qu'elle n'as pas abordé le sujet, je la sens plus sereine, hier il a plus été question de la naissance et du comment on fait les bébés :D et là je me sens quand même plus à l'aise :D
La psy m'as dit que maintenant, puisque nous avions mis des mots, il fallait la laisser évoluer avec ses propres inquiétudes et la préserver des mes angoisses au risque qu'elle me copie...
Navigation
[#] Page suivante
[*] Page précédente